Sarkis Sarkissian

Age : 36 Inscrit le : 10 Avr 2008 Messages : 4 Localisation : Quelque part sur les routes Guilde : Famille Cordelian Religion : Aucune
| Sujet: Une bien belle nuit... Mer 07 Mai 2008, 9:24 pm | |
| Les premières belles nuits chaudes du sud de l'Empire avaient été l'occasion pour la Kumpania d'organiser la grande fête qui sert à signifier le passage du deuil.
Normalement, le deuil est plus long. Mais le Rom Baro avait choisi d'accélérer les choses. Il fallait redonner à la famille un peu de vie, cette vie qui lui est si caractéristique. Cette vie qu'on lui avait enlevée, que ces abominations sorties de la terre lui avaient dérobée.
Des centaines de cousins avaient été emportés par la furie de ces damnés. Pire encore que celle que nous avions essuyé l'an dernier dans le nord d'Ekengrad. Personne n'avait survécu, de Pamoisard à Reikwald. Des hommes que j'avais connu et en qui j'avais confiance. Des hommes qui connaissaient la route comme personne d'autre en Empire.
Le soleil se levait, la musique commençait à s'évanouir. J'avais laissé mon tabla, saluant Shavez, qui avait insisté à venir nous joindre, laissant momentanément sa galère amarrée en Ozame. Amaryssa, nouvellement mère, était sous la couette depuis longtemps avec son petit Matéo.
Assis seul près du feu, je savourais la shisha que Gareth m'avait laissée avant de regagner sa caravane. Je laissais mon regard divaguer sans le retenir...
- C'est une belle nuit, n'est-ce pas?
Ah, ce bon vieil Anton, levé avant l'aurore, comme à son habitude. Il avait laissé la fête tôt, mais je savais qu'il viendrait partager mon dernier narguilé.
Car ce n'est pas par hasard que je suggérai à Ramirez d'organiser le banquet sur la route, à quelques heures du Lavuta Bastalo. À l'est de la frontière. D'ici, si on laissait porter son regard, on pouvait voir à des lieues. Des terres étrangement silencieuses depuis le passage de la terreur sans nom. Il fallait en profiter.
Si la chagrin du deuil est chassé par les festivités du banquet d'adieu, il y a des choses que les Tziganes oublient très mal. Seule leur propre mort peut venir effacer certains souvenirs. Bafouer l'honneur de la famille laisse ses traces.
Cette nuit avait non seulement marqué la fin du deuil de la Kumpania, mais aussi la réparation d'un affront commis contre le Rom Baro et Amaryssa, il y a deux ans, dans un village reculé d'Ekengrad.
- Oui, Anton, c'est une bien belle nuit. Une très belle nuit...
Sarkis laissa ses paroles de lover autour des volutes de fumée, son regard croisant celui de son cousin avant de se perdre à nouveau dans les premiers rayons du soleil. |
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